Ces petites choses du quotidien qui changent avec la pratique du yoga

Comment savoir que vous progressez sur votre chemin yogique ? Il n’est pas toujours évident de quantifier les “progrès” d’une pratique spirituelle. Heureusement, le périple du yoga est jalonné de balises. Reconnaîtrez-vous les points de repère qui vous permettent de mesurer les effets de cette discipline dans votre vie ?

L’érudit Patanjali, considéré comme le codificateur du yoga, a répertorié 10 balises sur ce chemin d’évolution. Les 5 premières concernent votre relation aux autres : ce sont les yamas, qui feront l’objet d’un prochain article. Celles qui nous intéressent aujourd’hui ne concernent que vous-même : ce sont les niyamas.

Comment vous comportez-vous quand vous êtes le seul témoin de vos actes? C’est tout l’objet des 5 niyamas, présentés dans cet article tels que je les perçois. Et parce que la véracité d’une histoire réside dans les détails, voici les petites choses du quotidien qui ont changé depuis que j’ai commencé le yoga.


1. Saucha… Êtes-vous pur ?

Quand vous prenez soin de votre corps, en débutant une activité physique par exemple, vous n’avez pas envie de ruiner le résultat de vos efforts. Au contraire, vous avez envie de le soigner davantage. Cela passe par l’alimentation, le fait de savoir choisir entre ce qui vous nourrit ou vous intoxique, mais aussi par l’entretien constant de votre corps de yogi, notamment par les procédés de purification appelés kriyas.

Depuis que j’ai commencé le yoga, les kriyas ont devancé Facebook dans le classement des “premières choses que je fais en me levant”. Incroyable, non? Pleinement intégrés dans ma routine matinale, je n’imagine plus débuter une journée sans les kriyas !

À un autre niveau, quand vous commencez à prendre soin de votre esprit, vous n’avez pas envie qu’il soit de nouveau pollué par des ruminations stériles et des pensées négatives. Alors vous tentez de garder votre mental le plus clair et positif possible.


2. Santosa… Vous contentez-vous de ce que vous avez ?

Vous contenter de ce que vous avez, c’est faire dépendre votre bonheur de vous et pas de circonstances extérieures. Ça ne veut pas dire vous résigner ou voir une situation difficile comme une fatalité. Au contraire, c’est faire votre possible pour changer une situation qui ne vous convient pas, avec les moyens à votre disposition. C’est arrêter d’attendre des circonstances plus favorables pour reporter indéfiniment votre action. En pratique, vous vous demandez quelles sont vos priorités dans la vie. Et vous faites vraiment de ces priorités vos priorités.

Start where you are, use what you have and do what you can”, telle est votre devise.

Une chose que m’a enseignée le yoga et que je tente de mettre en pratique, c’est de ne pas perdre une seconde. J’essaie de me lever le matin pour agir dans la direction de mes priorités, et que la première chose que je fasse en me levant soit un pas dans cette direction. Quitte à programmer mon réveil une demi-heure plus tôt ! En l’occurrence, pour moi, il s’agit de yoga…


3. Tapas… Êtes-vous discipliné ?

Le yoga, c’est l’auto-discipline mise en pratique. Mais attention, discipline n’est pas synonyme de privation ou pire, de frustration. Et c’est quelque chose que j’ai parfois du mal à faire comprendre à mon entourage (surtout quand il s’agit d’alimentation !). Cela peut sembler barbant de faire du yoga tous les jours ou de se nourrir de fruits et de légumes bios – pas trop cuits s’il vous plaît – et de riz complet. Mais s’il s’agit d’une discipline, c’est une discipline naturelle.

Littéralement, tapas signifie “feu”. Le tapas vous aide à cultiver votre volonté. Choisir un tapas, c’est reconnaître les moyens d’atteindre vos buts, et les suivre. Par un défi qu’on se donne, on prend l’engagement de le faire tous les jours quelles que soient les circonstances.

Mon premier tapas était de faire des échauffements et des salutations au soleil tous les matins pendant 15 jours. Et bien souvent, une fois que j’avais terminé mes échauffements, je n’avais pas envie de m’arrêter en chemin et je finissais par passer 2 heures sur mon tapis. Quel est votre tapas?


4. Svadhyaya… Vous connaissez-vous ?

Se connaître, c’est d’abord s’observer, dans la vie quotidienne comme sur votre tapis. Vos facilités ou vos difficultés à pratiquer certains asanas peuvent vous aider à cerner votre personnalité. Les réactions, les pensées qui surgissent quand vous vous mettez dans telle ou telle posture, discernez-les, observez-les. Ce sont de précieux indices. Quand vous commencez à vous connaître, vous pouvez choisir les asanas qui vous permettront d’évoluer au mieux.

Ce niyama implique également de consacrer un peu de temps à l’étude de textes qui vous inspirent. Connaissez-vous le facteur le plus déterminant en termes des bienfaits du yoga sur la santé ? Vous allez être surpris : c’est la lecture de la philosophie yogique.

Je perçois des regards sceptiques… Étudier des textes philosophiques, cela influencerait ma façon de me nourrir, la profondeur de mon sommeil, ma qualité de vie ? L’explication, la voici : ceux qui consacrent un peu de leur temps à l’étude de textes yogiques sont généralement ceux qui incluent tous les aspects du yoga dans leur mode de vie et ce sont souvent les pratiquants les plus assidus. L’étude de textes philosophiques n’est donc pas un facteur de bonne de santé, mais un indicateur !

Ces textes n’ont pas forcément trait au yoga… Cela peut être n’importe quel écrit inspiré et inspirant.


5. Isvarapranidhana… Êtes-vous détaché du résultat de vos actions ?

Vous “abandonner à un principe supérieur”, c’est reconnaître que votre futur vous dépasse. Que votre capacité à changer les choses est limitée. Que si vos actions dépendent de vous, le résultat en est incertain.

J’ai fait le progrès de ne plus chercher à mesurer mes progrès constamment. Les premiers mois de pratique du yoga, je surveillais scrupuleusement la moindre avancée, je guettais les résultats tant espérés de cette pratique aux 1000 promesses. Je peux désormais faire des asanas tous les jours sans jauger la souplesse gagnée en 3 jours de pratique ou comptabiliser les minutes (les heures) qui me séparent des mythiques 3 heures et 48 minutes pour chaque posture. Une des premières causes de découragement voire d’abandon d’une pratique, quelle qu’elle soit, c’est l’absence de résultats. En arrêtant de scruter les moindres avancées dans la pratique, pas de risque de découragement… et on s’émerveille davantage devant les progrès inopinés !

Vous débutez le yoga ? Vous êtes déjà avancés sur le chemin ? Dr Patanjali vous aura prévenu, prendre la pilule du yoga, c’est vous exposer à ses effets secondaires désirables.

* Pour vous connaître davantage

  • L’incontournable Yoga Sutras de Patanjali, traduit par Frans Moors
  • La Bhagavad Gita
  • Les ouvrages d’André Van Lysebeth

11 réflexions sur “Ces petites choses du quotidien qui changent avec la pratique du yoga”

  1. Je souhaite faire du yoga est bien pour enlever ma crème . Je veux le faire pour mon bien etre et pour être bien dans ma tête je suis déjà dans ce contexte mais je veux m améliorer merci

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