Végétalisme: comment le yoga conforte ce choix au quotidien

Je ne suis pas végétalienne parce que je pratique le yoga. Je n’ai pas arrêté de manger des animaux au lendemain de mon premier cours. En réalité, cette décision est bien antérieure à l’achat de mon tapis de yoga.Yoga végétarien

Cependant, le yoga conforte quotidiennement ce choix. J’avais envie de mettre le sujet sur le table aujourd’hui, parce que c’est une question fréquemment soulevée dans les forums ou les magazines consacrés au yoga. Et que mon cœur se met à battre plus fort quand on aborde l’un de ces deux sujets. Alors les deux ensemble… Vous l’entendez sûrement d’ici!


YOGA = VÉGÉTARISME ?

Je lis fréquemment des témoignages de personnes ayant arrêté de manger de la viande lorsqu’elles se sont mises au yoga. Cela va parfois de pair avec l’arrêt de la consommation d’alcool ou de sucre, dans une volonté d’adopter un mode de vie plus sain, plus “pur”. 
Souvent, ce choix se révèle de courte durée ; bien vite, il se conclut par un « retour à la vie normale » (sic) : barbecues estivaux entre amis et dinde de Noël en famille. Ce choix n’en était en réalité pas un. C’est l’adoption du Pack Yoga, avec l’accessoire « Je ne mange pas de viande » inclus.

A lire par ici : Témoignage : J’ai été manipulée par mon prof de yoga

Mais parfois, ce choix d’arrêter de manger de la viande est durable, et l’on n’imagine plus l’un sans l’autre.


FAUT-IL ÊTRE VÉGÉTARIEN POUR ÊTRE UN YOGI?

Je ne vais pas vous dire qu’adopter un mode de vie végétal vous rendra plus souple sur votre tapis. Que vos méditations seront plus profondes. Que c’est la mise en pratique du premier des yamas et niyamas nommé Ahimsa (non-violence). Que pratiquer le yoga signifie aussi privilégier une alimentation qui a un effet bénéfique sur le corps et le moins d’effets négatifs possibles sur l’environnement. Que manger un animal gorgé de peur et d’anxiété n’est peut-être pas une source d’énergie positive.

(Pourtant, j’en brûle d’envie.)

Je ne vous dirai pas tout ça, parce que je ne suis pas là pour vous dire ce qu’il faut penser ou ce qu’il faut manger quand on fait du yoga. Parce il n’y a pas de meilleur yogi que vous. Mais surtout parce que je ne veux pas que vous preniez l’alimentation végétalienne comme un accessoire du Pack du Yogi, au même titre que l’arrêt de la consommation d’ail ou de sucre.yoga alimentation

A lire par ici : Pourquoi certains yogis ne mangent ni ail ni oignon?

Si mettre de l’ail dans tous vos plats relève du choix personnel (enfin, ce serait quand même chouette de ne pas incommoder votre voisin de tapis), on sait que manger un animal n’en est pas un. Y a quelqu’un qui n’a rien demandé dans cette histoire.

Pratiquer le yoga et adopter une alimentation végétalienne ont été pour moi deux décisions indépendantes. Les deux sont liées, mais ne dépendent pas l’une de l’autre. Elles se renforcent, mais ne reposent pas l’une sur l’autre. Je ne suis pas yogi parce que je suis végétalienne, et je ne suis pas végétalienne parce que je suis yogi.

Cependant, je suis sincèrement convaincue que la question de l’alimentation a sa place dans l’apprentissage du yoga. Parce que l’alimentation fait partie de la vie, et que le yoga est une philosophie de vie. Dans la philosophie du yoga, notre premier corps, le corps physique, est appelé anamayakosha: “le corps fait de nourriture”. 5 koshas


POURQUOI JE NE MANGE PAS D’ANIMAUX

J’ai choisi d’arrêter de manger des animaux et des produits issus de l’exploitation animale pour des raisons rationnelles. Cela me paraît tout simplement être le meilleur choix possible, en ce moment et à l’endroit où je vis. Et cela sans considération du genre “Le cerveau humain s’est développé grâce à la consommation de viande”, “Comment feraient les esquimaux pour survivre sans manger d’animaux ?”, ou, dans un domaine qui nous concerne directement, “Les yogis ont toujours été lacto-végétariens”, “Dans l’Ayurveda, on dit qu’on peut manger de la viande si…”

Les temps et les moeurs ont changé. Et ici et maintenant, j’ai le choix.

Pour ne pas surmener la planète, pour les animaux, parce que j’ai beaucoup aimé La belle verte, parce que j’adore décrypter les étiquettes dans les magasins, pour stimuler la créativité des inventeurs de recettes végétales (merci Rose Citron, merci Hélène!), parce que quelqu’un m’a aidé à faire le lien, pour dire « STOP ! »… Je pourrais trouver 108 raisons pour lesquelles aujourd’hui je ne mange pas de produits animaux.

Le yoga a-t-il influencé ce choix ? Absolument pas.

Le yoga a-t-il conforté ce choix ? Sans aucun doute.

Et voici pourquoi.


COMMENT LE YOGA CONFORTE CE CHOIX AU QUOTIDIEN

En yoga, le but recherché n’est pas de dépenser son énergie ou de brûler ses calories. Le but est au contraire d’accroître ou de contenir son potentiel énergétique, son prana. Un yogi emploie l’énergie nécessaire pour atteindre l’objectif fixé, ni plus ni moins. Observez un yogi pratiquer ses asanas : geste mesuré, tempérance dans l’effort, pas d’agitation superflue.

Ce qui se trame sur un tapis de yoga s’observe aussi en dehors (sinon, à quoi bon?). Accroître son énergie vitale passe souvent par l’adoption d’un mode alimentaire sattvique, source de santé, de sérénité et de clarté d’esprit. La viande ne fait pas partie de cette catégorie ; elle se classe parmi les aliments tamasiques, ces aliments qui rendent lourd et inerte.
Viande tamasique

A lire : Cet article sur les 3 gunas pour comprendre la distinction entre Sattvique, Rajasique et Tamasique.

Ces ressources que nous avons en nous, et que nous tentons d’optimiser par la pratique du yoga, ce sont les mêmes que celles de la planète sur laquelle nous déroulons notre tapis. Si faire du yoga signifie apprendre à utiliser ses propres ressources énergétiques de la meilleure façon possible, cela signifie aussi utiliser celles de notre environnement de façon optimale. Les unes ne sont pas distinctes des autres.

Microcosme et macrocosme, c’est l’un des principes du yoga : je fais du bien à mon corps pour me sentir bien sur la planète, je fais du bien à la planète pour me sentir bien dans mon corps. Connaissant l’impact de notre mode de consommation sur l’environnement, sur la vie des autres humains et sur celle des autres animaux…

Mais pourquoi un yogi devrait-il en avoir conscience plus qu’un autre?


FAIRE LE LIEN: POURQUOI ATTEND-T-ON D’UN YOGI QU’IL SE COMPORTE DE FAÇON ÉTHIQUE?

Quand quelqu’un se dit yogi, on attend de lui qu’il ait un comportement irréprochable dans tous les aspects de sa vie. A tort ou à raison, on attend d’un pratiquant qu’il se comporte dans la vie comme sur son tapis : avec conscience.

A lire par ici: Faut-il être parfait pour être engagé? d’Antigone XXI

Étymologiquement, le yoga, c’est « unir », ainsi que les moy