L’Arc sur le bout des doigts

Zoom anatomique et symbolique sur cette posture puissamment euphorisante.

Symbolique de l’arc : à l’amour comme à la guerre

Par sa fonction, l’arc est lié aux domaines de la guerre et de la chasse. Sa maîtrise requiert force physique, pour tendre l’arc, et stabilité intérieure, pour atteindre la cible. Le tir à l’arc nécessite de nombreuses années d’entraînement, et exige concentration et discernement: autrefois, celui qui parvenait à le maîtriser s’élevait généralement au rang de chef de la communauté. Mais pas de maîtrise de l’arc sans ouverture du cœur : c’est ce dernier qui dirige l’arc, à travers les bras qui sont ses “organes d’action”.

L’arc est alors étroitement lié à l’Amour. Kama, divinité hindoue du désir, possède un arc comme arme fatale… tout comme son homologue Cupidon ! Arjuna, héros du Mahabharata, et Rama, celui du Ramayana, conquirent la main de leurs épouses respectives lors une épreuve de tir à l’arc (et c’est également avec un arc qu’Ulysse retrouva Pénélope).

Pour le yogi, Dhanurasana est tout cela à la fois. Une posture qui élargit la région du cœur, procurant une douce sensation d’euphorie (de type “début de romance”) mais aussi un fort sentiment de puissance : c’est une flexion arrière dynamisante. Mais assez parlé de symbolique : passons à la pratique.


En pratique : la posture de l’Arc pas à pas

Dhanurasana est une posture assez intense. Il convient de préparer le dos, ouvrir les épaules, étirer les fléchisseurs des hanches. Échauffez-vous avec une série de salutations au soleil durant lesquelles vous vous attarderez dans la posture du Croissant de Lune, ou fente basse, pour étirer le psoas.



Position de départ: allongé sur le ventre, front posé sur le sol,  pieds écartés de la largeur des épaules.

– Pliez les genoux et saisissez les chevilles par l’extérieur, pouces vers le bas.
– Inspirez, et étendez progressivement les genoux : les tibias poussent contre les mains, le haut du corps et les cuisses se décollent du sol. Les bras sont détendus, ne faisant qu’assurer la liaison entre les chevilles et les épaules. Le dos est passif: l’effort se fait au niveau des jambes.
– En vous aidant de votre respiration, veillez à répartir la courbure sur l’ensemble de la colonne. Expirez, rentrez le bas de la cage thoracique vers le nombril tout en allongeant la partie supérieure de la colonne lombaire, pour éviter une compression à cet endroit délicat.
– Maintenez la posture le temps de quelques respirations lentes et profondes, puis laissez les pieds redescendre vers les fessiers et relâchez les chevilles.
– Les mains sous les épaules, ramenez le poids du corps vers l’arrière et venez vous asseoir sur les talons.
– Allongez le buste sur les cuisses et prenez quelques respirations d’observation dans la posture de l’Enfant.

NB: Il existe une version dynamique, dans laquelle vous vous balancerez d’avant en arrière à la manière d’un rocking-chair (4 à 12 balancements suffisent pour un massage abdominal du tonnerre). Il existe également une version “ardha”, c’est-à-dire demi, en attrapant une cheville à la fois.


Les yogis justifient la sensation d’euphorie post-posture de l’Arc par la stimulation des centres nerveux situés le long de la colonne vertébrale et par l’étirement du plexus solaire. Quant à moi, je crois que c’est grâce à cette posture que beaucoup tombent amoureux du yoga.


Pour en savoir plus sur la mythologie de l’Arc (et de 44 autres postures de yoga) :

6 réflexions sur “L’Arc sur le bout des doigts”

  1. Clementine, merci pour cette explication aussi claire. C’est très important de comprendre autant la symbolique de la posture que sa realisation pratique….il s’agit d’un potion complexe mais pour ce que vous décrivez, rejouissante!!

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