Personne n’en parle, tout le monde le craint

« Non, vraiment. Elle aimait bien le yoga, Petra.
Jusqu’au jour où l’impensable se produisit.
1h20 que Petra se contorsionnait tant bien que mal dans toutes sortes de postures improbables. Rien d’exceptionnel à signaler jusque là, si ce n’est qu’elle avait sérieusement envie de baffer la petite fayotte du premier rang.
Et puis, arriva la position de la chandelle.
Voyant que Petra faisait n’importe quoi, la prof accourut et s’empara de ses chevilles de façon à tirer ses jambes vers le haut et ramener son corps à la verticale.
Seulement voilà. Sentant sa nuque sur le point de se briser, Petra paniqua. Elle essaya alors de signaler, par de petits battements de pieds, qu’il fallait arrêter la torture IMMÉDIATEMENT. En vain.
Désemparée, Petra fut sur le point d’accepter que sa dernière heure avait sonné.
Quand soudain.
Contre toute attente.
Son vagin vociféra.
La prof lâcha instantanément les jambes de Petra.  »

Tous les cris les SOS, Extrait du blog ladefraichie.com


Sirsasana des années 60.


S’il est un sujet rarement évoqué, parfois gênant et souvent mal compris, c’est bien celui-ci.

Apanage du yoga au féminin, les « flatulences vaginales » que l’on entend au sortir d’une inversion sont relativement fréquentes, voire banales. Inconforts sans gravité, mais qui peuvent, telle la Petra de l’histoire ci-dessus, conduire à déserter à vie les cours de yoga.

Car les postures inversées sont nombreuses en yoga. Par posture inversée, on entend toute posture dans laquelle le thorax se situe sous le bassin : Chandelle, Posture sur la tête, mais aussi Chien tête en bas ou Demi-Pont. Pour certaines, chacune de ces postures présente le risque d’en sortir avec un bruit pouvant être culturellement gênant, même s’il est naturellement non odorant et n’a rien à voir avec son homologue que nous connaissons tous.

« Les personnes peuvent être gênées en raison d’un phénomène psychologique d’association. L’élément sonore peut susciter une réaction de dégoût car il peut être évocateur d’un pet et de l’excrétion » explique Philippe de Keempers, sexologue à l’université de Liège.
Mais, précise la docteure Béatrice Guigues, « ça n’a rien à voir avec des fermentations ni des gaz: c’est de l’air qui pénètre dans le vagin et qui s’évacue, tout simplement ». 

Comprendre le phénomène

Dès que le thorax se situe sous le bassin, la gravité entraine la masse abdominale en direction de la tête. Le périnée, détendu, suit le mouvement et se retrouve aspiré passivement. Contrairement à l’anus, le vagin n’est pas un sphincter : lorsque le vagin est détendu, en posture inversée, il constitue un passage possible pour l’air qui va y entrer. Et quand de l’air pénètre dans un endroit clos, il faut bien qu’il en ressorte… En l’occurrence, lorsqu’on quitte la posture inversée, générant au passage un bruit incontrôlable.


Posture sur la tete


On pourrait alors avoir le réflexe de contracter le périnée en quittant la posture pour éviter que l’air ne sorte bruyamment : mauvais réflexe, qui risque d’amplifier la sonorité. Pour éviter les bruits, ce n’est pas au moment où l’on quitte la posture qu’il faudrait serrer le périnée, mais avant  même de créer l’aspiration, c’est-à-dire avant de prendre la posture.

« Renforcez votre périnée ». Oui, mais…

Lorsqu’on effectue une recherche rapide sur le sujet, on tombe de manière quasi-systématique sur cette injonction en guise conclusion : « Renforcez votre périnée », exercices à l’appui.

Il est en effet probable que ces bruits soient liés à un manque de tonus du périnée, qu’il soit naturel, consécutif à un accouchement ou à la pratique intensive de la course à pied. Les exercices de renforcement périnéal sont alors une solution.

Mais ce n’est pas la seule explication, et Bernadette de Gasquet, médecin et professeur de yoga, spécialiste du périnée, a un avis plus nuancé sur le sujet: des différences morphologiques font que nous ne sommes pas toutes égales face à la possibilité d’émettre des bruits d’air.


1956, yoga au jardin


 

Des différences morphologiques

En effet, des petites lèvres très développées et couvrantes limiteront le risque d’entrée d’air, même si le périnée est faible, tandis que des petites lèvres peu couvrantes laisseront facilement entrer l’air.
La forme du sacrum peut aussi amplifier le phénomène : un sacrum très concave ajoute un effet « caisse de résonance ». Le bruit se produira alors dans certaines situations, quelle que soit la qualité du périnée.

« Dire à ces femmes que leur périnée n’est pas assez musclé est aberrant », ajoute Bernadette de Gasquet dans le Yoga Journal de l’été dernier.


Londres, 1964. Personne n'a de tapis, mais tout le monde porte des bas.


 Des périodes plus propices

Ensuite, notons que la musculature du périnée est hormono-dépendante. Certaines femmes ressentent une faiblesse périnéale passagère, lors de la période d’ovulation ou pendant les règles, et c’est tout à fait naturel. Autrement dit, rien ne sert de s’alarmer et de crier à l’hypotonie au moindre flatus vaginalis. 

« C’est un phénomène purement naturel. Il ne faut surtout pas dramatiser ni s’imaginer que c’est le premier signe d’un relâchement morbide de la musculature vaginale », insiste Philippe Kempeneers.


Et Bernadette de Gasquet de conclure : « Il n’y a pas de solution périnéale pure ». Mais toute solution commence par comprendre, pour dédramatiser. NON, un bruit d’air vaginal n’est pas forcément dû à un manque de tonus du périnée. Et, si tel est le cas, OUI, il existe des exercices très efficaces pour renforcer le plancher pelvien.


5 commentaires sur “Personne n’en parle, tout le monde le craint

  1. Figurez-vous que ça ne m’étonne pas car tous les chakras situés entre le périnée et la gorge appartiennent à la dualité, la non-dualité concerne uniquement la tête : front et sommet. C’est dire que si le plafond de la pensée, inséparable de sa condition duelle, est dans la gorge, son plancher est dans le périnée. Il en est donc de même pour les émotions, les sensations, les goûts, les odeurs, les sons, et… Or les chakras ne sont pas isolés, ils sont interchangeables, et tout ce qui se passe dans l’un se manifeste dans les autres. Un périnée est autant un lieu de parole qu’une gorge est un lieu de stabilité et de sécurité. Si, en position basse, votre gorge ne peut pas parler, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’un vagin en position haute ne le fasse, à sa façon bien entendu. De toutes manières, il s’agit toujours d’une émission d’air et d’une fonction symbolique. Vaste question car la fonction symbolique du corps ne se révèle que dans la présent.

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