Y a-t-il de la tristesse dans vos hanches?

C’est arrivé durant ma formation de professeur. À J+17, exactement.

J’ai sangloté pendant la séance de yoga du matin car je n’arrivais pas maintenir la posture du guerrier. J’ai fondu en larmes quand le vieux grincheux de la maison d’hôtes où je logeais m’a coincée dans l’escalier (mes légumes prenaient trop de place dans le frigo commun à son goût). Mes yeux sont restés humides toutes la journée, toute contrariété était l’occasion parfaite pour pleurer.

Ni le rythme soutenu de la formation de professeur, ni la morosité qui m’accable certains jours précis du mois n’étaient responsables de cet état larmoyant.

Après enquête minutieuse auprès de mes co-yogis, j’appris que certains étaient également touchés par ce mal étrange. Il s’est avéré que le coupable était une séance de yoga de la veille.


Une séance de yoga m’a fait pleurer

Plus précisément, un cours de Yin Yoga de 3 heures consacré à l’ouverture du bassin. Nous avions maintenu des postures pendant plusieurs minutes, l’accent étant mis sur les asanas ouvrant les hanches. Nous l’avons appris par la suite: ce cours devait nous aider à libérer nos blocages émotionnels. Que cachons-nous dans nos hanches pour provoquer un tel état lorsque nous tentons de les assouplir?

D’un point de vue yogique, l’explication paraît simple. Le pelvis correspond au second chakra, nommé Svadhistana.

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Svadhistana, ou chakra sacré, est étroitement lié aux émotions et aux désirs. Svadhistana nous permet de ressentir.

Voici peut-être un début d’explication… Mais d’un point de vue physiologique, comment pourrions-nous stocker nos fardeaux émotionnels dans les hanches?

Il faut alors se souvenir que les hanches sont reliées au cerveau par le biais de notre système nerveux périphérique, et que notre cerveau est programmé dès la naissance pour envoyer des signaux rapides et efficaces à cet endroit de notre corps.

La rapidité de cette connexion est en effet garante de notre survie. Si par malheur nous tombions de la table à langer étant bébé, les muscles fléchisseurs des hanches (les psoas, entre autres) doivent pouvoir se contracter puissamment et instantanément pour adopter une position foetale, genoux vers la poitrine, protégeant ainsi nos organes internes. Et à mesure que nous grandissons, les muscles des hanches sont toujours parmi les premiers mobilisés en cas de danger, que ce soit pour fuir, combattre ou adopter une position de repli.

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Les menaces évoluent, les réflexes restent

Cette relation entre état de stress et mobilisation des hanches peut expliquer notre tendance à stocker des émotions réprimées à cet endroit. La violence physique n’est peut-être plus la première menace dans notre quotidien, mais les réflexes de protection n’ont pas évolué.

En cas de traumatisme ou de stress, notre réflexe est de contracter les muscles fléchisseurs des hanches, et cela même si la situation ne requiert ni la fuite ni le combat. Le problème, c’est que nous ne décontractons pas. 

Nos hanches sont semblables à un bol récoltant les résidus d’énergie que  nous avons mobilisée pour parer à un danger ou à une période prolongée de stress, une énergie « gelée » car elle n’est ni employée, ni relâchée. Un de mes professeurs aimait utiliser le mot « grenier » pour désigner notre bassin. Un endroit où on a tendance à accumuler des choses qu’on ne veut plus voir, mais qu’on ne veut pas jeter non plus.


La solution ? Vider le grenier.

 Voici mes deux postures vide-grenier préférées.

1. Anjaneyasana, la fente avant basse

Anjaneyasana

Commencez dans la posture des mains aux pieds, Uttanasana. Effectuez un grand pas avec le pied gauche vers l’arrière et posez le genou gauche au sol. La jambe avant est pliée, le tibia perpendiculaire au sol. À l’inspiration, levez votre torse à la verticale, les mains posées sur votre cuisse droite. Expirez. Inspirez en levant les bras au-dessus de votre tête. Restez le temps de quelques respirations, puis répétez de l’autre côté.

2. Vrksasana, la posture de l’arbre

Arbre

Debout, les pieds espacés d’environ 2 poings, bras le long du corps, commencez par porter votre attention sur les orteils. Soulevez-les, écartez-les puis reposez-les au sol. Cela vous permettra d’améliorer votre stabilité. Basculez doucement le poids de votre corps sur votre jambe droite en pliant et levant le genou gauche. Ecartez votre genou vers la gauche, et placez la plante du pied sur le mollet ou la cuisse droite (au grand jamais sur le genou: il n’est pas fait pour subir une pression latérale); le genou gauche se dirige vers le côté, avec une belle ouverture de la hanche. Restez solide sur votre jambe droite, imaginez que vous poussez avec la plante du pied sur la cuisse et que vous tentez de résister avec votre jambe d’appui. Joignez les mains à la poitrine ou levez les bras selon votre envie du moment. Inspirez, grandissez-vous. Expirez, ancrez-vous plus profondément dans le sol.


Ce cours de Yin Yoga fut révélateur: quelque chose se tramait dans mes hanches. Ce cours fut aussi libérateur : ce quelque chose est sorti, sous forme de larmes. 

Et vous, avez-vous déjà pleuré pendant ou après un cours de yoga? Comment vous êtes-vous senti par la suite?


En savoir plus

Hip Emotions: Is There Sadness in Your Hips?

63 commentaires sur “Y a-t-il de la tristesse dans vos hanches?

  1. Merci pour ce partage!
    Il fait écho en moi!
    J’ai une très récente expérience de Yin Yoga et, ayant les hanches très « fermées », voire coincées, je me suis lancée dans toutes les postures permettant de les ouvrir…
    Il m’est effectivement arrivé à plusieurs reprises de fondre en larmes juste après une séance… Je sens clairement que je dépose les armes, qu’une énergie s’évacue…
    Je gagne en légèreté à chaque fois !… et j’adore ça :-)

  2. Merci Clémentine encore un bien bel article, riche en contenu et tellement bien mis en forme tout comme ton blog j’adore ton style. Merci et ne change rien c’est parfait.
    Et félicitation pour ton diplôme de prof de yoga, tu es vraiment dans la transmission c’est une qualité primordiale pour être professeur…

  3. Bonjour à toi Clémentine, oui j’ai de la tristesse dans mes hanches, au point d’avoir à cet endroit là une Spondylarthrite ankylosante. Ton article explique bien le sens de ce « lieu » du corps. Lieu ouvert. Lieu fermé. Aux grés des évènements de la vie. En tout cas, merci.

  4. Quel article intéressant! Dans des moments de stress, je sens une contracture « à l interieur », qui me bloque la hanche et me fait bouter. J étais certaine qu’ il se jouait quelque chose mais sans trop savoir quoi. Merci, une fois encore, pour cet eclairage. Tu ne voudrais pas venir donner quelques cours dans mon pays perdu de l’Ain ??

  5. Bonjour Clémentine,
    Merci pour ton blog. Les hanches !!! tout un sujet pour mon cas. Plus de 10 ans de pratique amateur de yoga, et toujours impossible de m’asseoir en tailleur, même sur deux briques, mes genoux restent au-dessus de mes hanches. L’arbre… je ne peux pas mettre le pied au-dessus du genou opposé. ne parlons pas du pigeon qui me crispe tellement les trapèzes (si, si ! au niveau des épaules, car je ne tiens cette position que sur les membres supérieurs!!!) que même ma prof a renoncé. Je pratique chaque jour depuis 2 ans 30 minutes le matin, en solo, en partant qu’un petit peu chaque jour, feront plus qu’une fois par semaine. Aucune évolution.
    Comment faire pour débloquer ces hanches… ? ne serait-ce qu’un tout petit peu ? (et évacuer de la tristesse (ignorée ?) enfermée par la même occasion ?)

    1. Essayez des techniques énergétiques pour vous aider, par exemple, le Dien Chan, les Facias ou le Reiki. Il faut savoir que plusieurs méridiens passent par les hanches et ont une influence sur les zones musculaires / tendineuses qu’ils traversent : Méridien du Rein, de la Vessie, de l’Estomac, de la Rate, du Foie et de la Vésicule Biliaire, rien que ça !

    2. Ton histoire est intéressante… Peut-être y a-t-il également des limitations d’ordre morphologique? Tu peux lire cet article pour tenter de discerner si tu as atteint ton « point de compression » (ta limite anatomique) ou si tu peux travailler à ouvrir les hanches. Une posture que j’apprécie beaucoup pour ouvrir les hanches en douceur est la posture de l’enfant genoux écartés. As-tu déjà essayé?

    3. Avez vous entendu parler du Chi nei tsang? Aller deloger les tensions profondes dans la sphère abdominale pour vous les émotions qui sont cachées loin loin loin….
      Je pense que ça peut vous aider. Il semble que votre gardien interieur défende sans relâche le territoire dont il a la responsabilité. Peut être a t il besoin de savoir qu’ il peut se reposer?

  6. Bonjour Clémentine,
    j’aime tellement ton blog… je viens de finir mon TTC moi aussi et pareil, j’ai connu quelques moments émotionnellement chargés à cause/grâce à mes hanches ! J’ai pleuré un peu et ri hystériquement un jour où nous travaillions particulièrement sur leur ouverture (notamment avec eka pada sirsasana, mais pas uniquement) c’était un peu fou !
    Merci pour les explications médicales/biologiques que je ne connaissais pas.
    Et merci pour ton blog !

    1. Haha oui le yoga peut aussi déclencher des fous-rires, ça va dans les deux sens, heureusement! Moi j’ai toujours envie de rire quand on fait la posture de l’arc en version dynamique…

  7. Bon article, merci.
    Idem pour les mâchoires car les deux troncs nerveux correspondants aux hanches et aux mâchoires sont intimement connectés, d’ou l’importance de bien relâcher sa mâchoire en postures d’ouverture de hanches. C’est incroyable comme ça marche bien :)

  8. Ca m’est aussi arrivé lors d’une séance de Yin, pas au niveau du bassin, mais en tenant une position j’ai touché quelque chose au niveau des nerfs et de mon émotionnel et ce qui est arrivé – indépendamment de toute douleur car je n’avais pas mal, j’étais plutôt gênée -, peu de temps après la séance, les fesses calées dans un beau RER je me suis mise à couler des yeux comme une rivière, quelque chose s’exprimait… le yin a l’air très propice aux déblocages émotionnels mais c’est à manier avec précaution, il faut être prêt à accueuilir ce qui s’exprime j’ai l’impression car si l’on est pas prêt à reconnaître les forces qui se libères cela peut encore plus bloquer… il m’est aussi arrIvé la même chose après une séance d’ostéopathie et toujours lors d’une séance d’ostéo, mon ostéo qui travaille sur les énergies m’a parlé de ces blocages de tristesse mais cela se situait pour moi au niveau des poumons et du plexus solaire…. voilà ! et merci pour cet article !

  9. Ça m’est arrivée aussi à la fin d’un atelier de vinyasa où l’on a beaucoup exploré l’ouverture des hanches, nous sommes notamment restés 10 minutes dans la posture de la grenouille. Mes larmes coulaient mais je n’étais pas triste, c’était étrange. Merci de partager cela Clémentine 🙏

  10. Bonjour Clémentine,
    C’est la première fois que j’écris un commentaire sur ton blog que j’apprécie beaucoup.
    J’ai découvert le yoga il y a 4 ans et je le pratique (presque) quotidiennement depuis 1 an pile !
    Il m’est arrivé moi aussi d’être complètement chamboulée lors d’un cours qui travaillait l’ouverture des hanches. Alors que j’étais arrivée en forme, je me suis soudain sentie envahie par un chagrin venu de nulle part avec une envie irrépressible de sangloter ! J’étais hyper gênée (nous n’étions que 5) et j’ai passé 1h30 à me retenir de pleurer. Je ne pouvais plus respirer et mon savassana final, pendant lequel des larmes roulaient sur mes joues, m’a paru durer une éternité tant j’avais hâte de quitter le cours pour laisser exploser tout ce chagrin. C’est ce que j’ai fait. J’ai quitté le studio comme une voleuse pour éclater en sanglots dans la rue puis pendant 1h chez moi !
    Ma prof, qui avait bien ressenti mon grand desarroi, m’a parlé ensuite de ce fameux muscle psoas ! Cela m’a soulagée d’apprendre que j’avais donc fait un peu de « ménage » dans mes « vieilles » émotions et que je n’étais pas folle ! Depuis je travaille régulièrement sur l’ouverture de mes hanches car je sais que, chaque fois, je m’allège peut-être de vieux chagrins enfouis en moi. Je me sens toujours mieux après. Les profs devraient toujours parler des éventuels effets émotionnels de certaines postures pour rassurer les élèves.
    La puissance de ce muscle est insoupçonnable ! ;)

    1. Je dirais même plus… La puissance du yoga est insoupçonnable ;-) Merci pour ton commentaire et ton expérience… Haha, je comprends, c’est rassurant de savoir qu’il y a une explication derrière ces flots de larmes inattendus!

  11. Hello Clementine, quel plaisir de découvrir ton blog! Il m’est également souvent arrivé de ressentir des emotions fortes durant une session de yoga, notamment Camel Pose ou en séance de Yoga Nidra (j’y ai consacré un article car cela m’a aidé a évacuer des emotions mais également a dire adieu, finalement). Continue de partager ton chemin :)

    1. Hello, suis heureuse de découvrir ton blog aussi :-D
      Ah oui le chameau, ça décoince pas mal de choses! Les hanches, les épaules, le dos…
      Continue de partager ton chemin de yogi aussi, c’est tellement inspirant!

  12. Très intéressant cet article. Hé bien moi, j’ai trop forcé sur ces exercices et j’ai dû me faire une déchirure à l’aine gauche, voilà bien 8 mois que j’ai mal, ça va mieux mais je me refais toujours mal si je pratique, alors, un bon conseil, ne forcez pas. Quand aux larmes oui j’ai déjà eu ce type de réaction et même souvent en Natha-Yoga, les séances ne sont pas toujours facile à « digérer » car du nettoyage se fait et parfois sévèrement du côté émotionnel. Le corps apprécie mais l’émotionnel ressort et crée du mal être, à moyen ou long terme ces évacuations nous préservent de maladies.

    1. Oui les blessures prennent beaucoup de temps à guérir… Mieux vaut éviter de solliciter la partie blessée jusqu’à disparition totale de la douleur, et même après, la zone reste fragilisée et plus susceptible de se déchirer à nouveau… Lentement mais sûrement! Merci pour ton témoignage!

  13. en fait, ca arrive assez régulièrement que quelques larmes sortent pendant ma pratique. seule a la maison ou en cours. parfois une position me fait pleurer, tout sort, comme pour laisser place à autre chose…
    ca arrive quand je me sens « dépassée » par les evenements. quand trop de tout s’agite autour de moi.

  14. Bonjour Clémentine,

    Combien de temps faut-il tenir la position du Svadhistana ? merci
    Je ne pratique pas du tout le yoga, mais je suis très souple, je souhaite essayer la posture le temps nécessaire pour m’ouvrir.

  15. Bonjour, je suis très troublée par les émotions que je ressens avec l’ouverture des hanches et je cherchais des témoignages. Contente de voir que je ne suis pas la seule ! Je ne fais pas de yoga mais du pilates, et c’est tout aussi étrange pour moi. J’ai trouvé plusieurs étirements du psoas qui me font aussi sourire et me rendent heureuses. Mais parfois après une séance et pendant 24 heures, je ne suis que tristesse et émotion à fleur de peau. J’ai aussi déjà ressenti cet état après une séance d’ostéo sur le pelvis. Je me demandais si j’étais « normale » de ressentir ces choses, je suis contente de voir que d’autres ont posé des mots sur mon état et ne pas être seule. Et d’avoir une explication. Merci !

  16. Je me souviens moi aussi. Je faisais du yoga depuis un ou deux mois. A la fin d’un cours, j’ai fondu en larmes. Au ridicule que je ressentais après ma pratique médiocre s’ajoutait celui de pleurnicher comme un bébé. Et j’avais du mal à exprimer pourquoi (je pense, en lisant votre article que, ça y est, j’avais juste débloqué quelque-chose). Heureusement, j’ai une prof formidable qui m’a reboostée. Et je me suis sentie super bien dans les jours qui ont suivi. Maintenant, j’accepte les émotions comme elles viennent, parce que ça fait partie de la pratique.

  17. Bonsoir Clémentine,
    D’abord, un grand merci pour votre humilité et la confiance que vous portez à vos lecteurs, càd à vous-même. Elle vous permet de parler de votre expérience émotionnelle avec simplicité, d’une manière directe et authentique sans gâchis intellectuel qui ne sert à rien.
    Tous les livres écrits sur le yoga sont illustrés de photos montrant des postures parfaites. Je suppose que tous les acheteurs ont besoin de s’identifier à cette perfection, sinon, ils n’achèteraient pas les livres. Les services marketing des maisons d’édition le savent très bien. 
    Mais la posture n’est pas le yoga. On peut vous expliquer celle-là, mais on ne peut pas vous expliquer celui-ci. C’est une expérience personnelle, intérieure, profonde, qu’aucune perception sensorielle ne peut percevoir ; même pas celle du pratiquant. Au-delà de toute production cognitive et sensorielle, cette expérience est délivrée par le corps même, en dehors du champ mental. Elle ne peut que se vivre directement, en face-à-face, dans la solitude et le silence de son être. Non, nous ne sommes pas appelés faire toutes les postures ; non, nous ne sommes pas tous capables de la perfection physique et non, cela n’est pas important : c’est une illusion totale. La perfection est obtenue quand nous vivons pleinement l’instant présent de ce qui se passe dans une posture, là où elle est. On ne demande pas à un miroir d’être parfait, mais on reconnaît sa fonction quand on voit l’imperfection de notre visage ; c’est alors que le miroir devient parfait.
    Je constate que la plupart des intervenants sont des femmes qui parlent des pleurs. Merci pour elles d’oser dire aux hommes ce qui leur manque.
    Je suis arrivé à mon bassin et mes hanches après 35 ans d’un travail intérieur soutenu et éprouvant. J’ose seulement maintenant arriver à les ouvrir un peu et ce qui en sort me désarçonne encore. Chaque moment d’asana est une plongée dans l’océan ou une rentrée dans la crémation. Allez savoir ! De toutes manières, pour cuire de l’eau il faut du feu et pour éteindre du feu, il faut de l’eau.

    1. Merci à vous de nous offrir votre ressenti masculin sur l’ouverture des hanches.
      Comme vous le dites si bien, il n’existe pas une posture parfaite, mais des postures parfaites. Toutes celles qui permettent à chaque yogi de s’ancrer, de s’ouvrir et de ressentir, tout en respectant l’intelligence anatomique du corps au niveau de l’alignement: pour moi, voilà la perfection physique. Peu importent l’amplitude de la flexion arrière ou le niveau d’ouverture des hanches…

  18. J’ai une tendinite au niveau de la zone pubienne, au niveau de spoas. Et cela m’est arrivée lors d’une période stressante ou je ne disais pas à ma mère ce que j’avais que le cœur :-/

  19. Bonjour Clémentine,
    Je suis impatient de raconter ma dernière expérience sur l’ouverture des hanches et l’importance que l’on donne au muscle psoas. Je re-pratique donc d’une manière soutenue depuis février, après de longues périodes d’arrêt dues à une lombarthrose qui me fait souffrir d’une manière intermittente depuis 20 ans et une coxarthrose gauche qui me gêne depuis 2 ans. Je vous passe le détail et le nettoyage qui s’est fait par la méditation. Mais bon, elle ne suffit pas toujours pour le corps, il faut une intervention directe sur celui-ci. Dans ce cas, le yoga m’est tout à fait indiqué et j’aime pratiquer ! La lombarthrose est bien atténuée, voire disparue. Je peux même avancer dans pashimotanasana, posture pour laquelle il m’était impossible seulement de penser sans qu’une anxiété émerge, sans parler de la station debout. C’est dire dans quel état intérieur j’étais, en étant conscient en plus et en aménageant ma vie en conséquence. Et puis, il y a une semaine, une envie incompréhensible émerge, comme une injonction qui me dit de pratiquer janusirshasana. C’est fou, non ? C’est la posture même qui combine une ouverture les lombes et une ouverture des hanches : mes deux faiblesses. Bon… j’y vais, je positionne les alignements et me concentre sur la hanche ouverte, le genou ne touchant pas encore le sol. Evidemment, plus je descends, plus je sens la tension douloureuse qui s’installe et la face intérieure de la cuisse, le psoas donc, qui me brûle. Au lieu de lutter, je relâche la hanche complètement et là, elle se détend, descend de quelques millimètres et les douleurs s’atténuent. Et ça s’améliore avec les séances. Une fois à gauche, une fois à droite, mes hanches s’ouvrent et mes psoas se détendent. Que sont ces psoas et ces hanches, si ce n’est les témoins de l’effort de l’accouchement ? Je veux dire par là, mon accouchement physique raté, que je dois revivre maintenant, moi-même, au cours de ma vie ? Pour moi, ce qui se passe-là n’est rien de plus que l’ouverture de la porte de l’utérus, un mouvement que je reproduits pour renaître à ce que j’ai raté il y a 67 ans. Ce mouvement, je le vois littéralement dans ma hanche et mon bassin. Croyez-vous que cela soit une symbolique intellectuelle ? Voici la preuve que non : mon regard sur moi-même, les autres et le monde a changé. J’exprime des mots que je n’osais pas dire, je prends des décisions plus difficiles à réaliser auparavant, je clarifie mon point de vue avec calme. Ma vision plus pénétrante me fait comprendre que je m’attends ailleurs en attendant d’accepter le monde tel qu’il est. La hanche est la mise en mouvement, la naissance au printemps de notre vie. Excusez-moi du peu, mais en langue arabe, langue sacrée comme l’hébreux, le mot nid (WaKR) et le mot hanche (WaRak) sont des anagrammes parfaits : je viens de le réaliser ; sans parler de matrice (RaHM) et miséricorde (RaHM) qui sont exactement le même mot. Si vous voulons quitter notre nid, nul doute que nous devons mobiliser nos hanches après avoir reçu la miséricorde divine, la non-dualité, qui nous permet de sortir de notre propre matrice, celle que nous avons emporté avec nous à la naissance. Vous constaterez que je ne parle jamais de la mère : elle n’a rien à voir dans cette dynamique. Nous sommes seuls, confrontés à tout ce que nous avons imaginé, même quand nous étions dans le ventre de nos mères.
    Je peux m’étendre là-dessus sur des pages et des pages. Ce qui m’interpelle maintenant, me bouscule un peu même, est que je peux reproduire toute cette connaissance en travaillant directement sur les articulations de mon corps. L’articulation par le souffle-Prana évidemment, qui nous permet de passer de notre condition matérielle à notre condition spirituelle, même si je me méfie de ce mot. L’asana est une mémoire, un miroir, un témoin du présent, cela lui suffit.

  20. Clémentine,
    Mercis encore pour tous ces articles et partages, simples, clairs, précis. Parfaits. Adeptes de cours de yogas depuis un certain nb d’années, cela me permet d’appréhender les postures plus précisément, de comprendre certaines choses, de savoir pourquoi, dans certains cas, pcq les profs de Yogas expliquent peu finalement et surtout de pratiquer – pas assez souvent – seule chez moi, et de « me faire du bien » … TTe ma gratitude – surtout ne changez rien – Namaste – Mercis encore –

    1. Merci à vous! C’est vrai que le temps d’une séance de yoga parait tellement court, et que ça ne laisse pas toujours le temps de développer et d’expliquer pourquoi ci et pourquoi ça… Heureusement il y a d’autres moyens d’assouvir sa curiosité yogique ;) Continuez à pratiquer en cours -et chez vous, même si pas assez souvent à votre goût, c’est tellement différent de la pratique collective… plein de choses à explorer!

  21. Merci pour ce chouette article!
    C’est très parlant.
    Dans mon cas, j’ai au contraire une hyper mobilité des hanches, et étrangement, j’ai tentée plusieurs fois de me mettre au yoga, mais une crise de pleure m’envahissais à chaque séance que j’essayais… résultat, je remettais à plus tard.
    Je crois qu’ aujourd’hui c’est bon. Ces larmes on juste besoin de sortir et ne doivent plus être un freins à la vie. Alors oui peut être y a t’il un lien avec les hanches^^.

    1. J’ai effectivement eu vent de part mon osthéo ++ que le psoas et une sorte de muscle « poubelle » qui récupère tout un tas de « déchet ». Il est important de ne pas le négligé, pour évité qu’il ne ce charge de trop et qu’il en induise d’autre problème. (Sportif ++)

      1. Merci Olivia de partager les conseils de ton ostéo!
        Pas toujours facile de vider les poubelles (au propre comme au figuré ;)) mais on se sent tellement plus léger après!
        Je te souhaite de belles découvertes et expériences en yoga -outre les pleurs ;) !

  22. Bonjour,

    Je viens de tomber sur votre blog en faisant une recherche sur les douleurs aux hanches liées aux émotions. Voici mon expérience. Je fais actuellement un travail profond sur mon passé, surtout mon enfance. Il y a deux jours j’ai mis à l’écrit une partie de mes découvertes sur moi en versant quelques larmes au passage, et le soir-même lors de mon cours de yoga, j’ai ressenti d’énormes crampes aux hanches, surtout à gauche. Le lendemain au réveil une douleur à la hanche gauche apparaît et augmente de plus en plus au point de me clouer au lit. Une douleur aiguë, difficilement surmontable qui me coupait le souffle. Cela a duré toute la journée et enfin a lâché petit à petit vers la soirée. Le lendemain plus rien, parti, comme si je n’avais jamais rien eu. Je suis maintenant sure que ce sont mes émotions d’enfance que j’ai délocalisé, et je suis entrain de les laisser partir. Et cela me confirme surtout que le yoga est bien une discipline qui touche le corps et surtout l’âme.

  23. Bonjour tout le monde,
    Depuis l’écrit de Clémentine, je vois que beaucoup de pratiquant(e)s ont repéré le rapport entre l’ouverture des hanches et les émotions qui ressortent ; moi inclus ! Cela m’a beaucoup touché d’ailleurs et conduit à faire une longue intervention, en tant qu’homme, sur le sujet. Voici comment j’ai compris encore cette ouverture à la lumière de mon expérience intérieure actuelle avec la pratique assidue de janushirshasana. La raideur de mes hanches ou la laxité de celles d’Olivia sont les extrêmes du même axe. L’erreur est de croire qu’en yoga, les personnes hyper-laxes sont favorisées par rapport aux personnes raides : elles ont les mêmes difficultés. En effet, le yoga n’est ni dans l’un ni dans l’autre. Il est dans l’observation de ce qui se passe lors de la réalisation d’une posture.
    Quand nous écartons les hanches, nous reproduisons symboliquement le déroulement de notre naissance, de notre propre accouchement, notre « deuxième ». Que nous soyons hommes ou femmes cela ne change rien, car il ne s’agit pas de la naissance physique. Celle-ci est passée et inaccessible. En tous les cas, actuellement, sans aucune importance. Ce qui nous intéresse plus est le plan pranique. Il correspond justement au travail de libération des émotions que nous devons expulser dans ce présent-ci. Quand nous sommes nés physiquement, nous avons vécu et subit le traumatisme, qu’aucun être humain n’a évité, de notre « première » naissance. Que pouvions nous faire d’autre ? Rien ! Observer, accompagner, laisser-venir, mais pas laisser-partir. Cela, non, ce fut impossible, car sur le plan pranique, nous étions affaiblis. Ainsi, ne pouvant expulser nos souffrances, nous les avons refoulées, nous les avons chassées de notre conscience apparente par notre absence. De notre conscience apparente certes, mais pas de notre corps. En renforçant notre prana par le yoga, alors pouvons-nous vivre notre deuxième naissance : laisser-venir ET laisser-partir car le second terme est l’effet de la conscience renforcée par le prana. Alors mesdames et messieurs, pleurez, laissez-vous pleurer, laissez venir les pleures qui doivent partir cette fois-ci en votre présence. J’entends tout à fait Aline, j’ai du vivre la même chose en pire… pour mon plus grand bien actuel. Pas de pitié pour les samskaras, c’est le plus têtu des deux qui va affaiblir l’autre.

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